Assis Debout, jamais couché

Posté le: juillet 4th, 2009 | Par: Ju | Dans: Bouquins, art | Tags: , , , , , , |

C’est la crise. L’ultra capitalisme a tout niqué, les pauvres s’appauvrissent, la connerie humaine se la coule douce, Sarko je te vois et même les journalistes people ont des principes. Rien ne va plus. Mais rassurez-vous, ça fini bien si on se sent aimable. On dit Bonjour à « Assis Debout », de Stephan Plottès et Vincent de Raeve aux éditions Des ronds dans l’O.

assis-debout-couv

Ils sont belges, ils ont donc à la base toute ma sympathie. Ils sont militants aussi, et ça c’est bien. Ils ont du talent c’est peu dire mais ça hein, on s’en doute.
Pour un premier essai dans la bd, on peut dire qu’il est transformé. Il y a de la noirceur, j’adore, de l’exaltation romantique, je fond, de l’Internationale qui raisonne, je chante.
Aucune de ces raisons ne m’ont fait acheter cette bd. On ne choisi jamais un livre par hasard. Moi j’aime ceux qui éclaboussent, qui manquent de retenue, qui sont contradictoires et bordéliques. J’aime ressentir et j’aime l’excès. Assis Debout c’est un condensé de tout ça. C’est un livre à lire.

Difficile de décrire Assis Debout. Le fil conducteur, c’est la recherche d’absolu. Le héros se brûle les ailes, il passe du côté obscur de la force sociale avant de trouver une fille chouette et de se sentir aimable. Parce qu’en fait c’est tout con d’être apaisé, il faut juste se voir « bien » dans le regard des autres ; il suffit de se sentir aimable. Voilà en gros le message. Ouais bon alors dit comme ça, ça peut passer pour du dora l’exploratrice / les bisounours. Sauf que non. C’est tout l’inverse. C’est un combat : Que le sang coule, ça ne nous empêchera pas d’avancer.
assis-debout-planche1
Le sentiment de base qui nous prend aux tripes, c’est une vague envie de vomir, un genre de crise d’angoisse qui monte. Sur fond de crise sociale et économique on se sent emporté dans l’oeil du cyclone. Requiem for a dream. On sent la puanteur du lieu, le glauque de la situation, on sent en nous cette envie de lâcher prise et de prendre, nous aussi, ces verres dégueulasses remplis d’un alcool quelconque. N’importe quoi qui puisse nous emmener loin de cette atmosphère étouffante. C’est vraiment la merde, et y’a pas d’issue.
assis-debout-planche22

Cette manière de montrer la mélancolie et la pourriture, l’ardeur et la simplicité, beaucoup de choses dans le trait de Plottès ou dans les mots de Raeve débordent de revendications humanistes : pourquoi chercher à rendre les gens et les choses belles, si on se penche dessus, elles le sont déjà quelque part. Malgré la rue, malgré la drogue, malgré la société et malgré l’usine. Voilà qu’au milieu des cafards, il y a « des fleurs plein la tête ». Ils s’aiment et ça suffit, peu importe les complications que la vie impose.

intime2 assis-debout-last1

On respire enfin. On sent que la vie reprend le dessus, on a de nouveau envie de fraîcheur, de faire entrer l’air et de regarder les choses et les gens. Nous aussi, comme le héros de Assis Debout, on a le sentiment d’un coup de poing dans la gueule, le souffle coupé et pourtant, tout au fond quelque part, un espoir. « Comment faire avec toutes les choses que nous occupent la tête (…) Ces images fortes, gravées, dérangeantes, violentes (…) Comment assumer? La violence des autres, les lacérations qu’on s’inflige. (…) Reconnaître l’autre, faire la paix à tout prix » et « Tirer du pire un parfum ».

stalingrad1 nation1


This is some text prior to the author information. You can change this text from the admin section of WP-Gravatar  To change this standard text, you have to enter some information about your self in the Dashboard -> Users -> Your Profile box.




Poster